Rétro. L’histoire du Mondial 1951 à Paris (1/4)

Publié le jeudi, 06 avril 2017 14:00

Du 5 au 21 mai 2017, Paris co-organisera avec Cologne le Championnat du Monde de Hockey sur Glace de l’IIHF. Un événement historique pour la Ville Lumière, qui avait accueilli cette compétition une seule fois, il y a 66 ans. Découvrez, en quatre épisodes, l’incroyable histoire du Mondial 1951.

Rétro. L’histoire du Mondial 1951 à Paris (1/4) INA
Chapitre 1 : Une patinoire insolite

Au cours des mois qui précédèrent le Championnat du Monde de Hockey sur Glace organisé à Paris en 1951, ce grand rendez-vous sportif posa un problème logistique pour les hockeyeurs français. Pourtant, dans le journal L’Equipe publié le 27 janvier 1950, soit plus d’un an avant le coup d’envoi du mondial, Gaston Biard écrivit un article a priori optimiste puisqu’il était intitulé : « Il y a des patinoires à Paris ».

Toutefois, dans son reportage le journaliste soulignait que le hockey sur glace français devait faire face à une difficulté puisque parmi les quatre patinoires qui existaient à l’époque dans la capitale, deux d’entre elles n’avaient pas les formes et les dimensions règlementaires. Il s’agissait de la piscine-patinoire de Molitor proche du Parc des Princes, qui ressemblait plus à un trapèze qu’à un rectangle, et celle du Palais de Glace du rond-point des Champs-Elysées, qui était de forme ronde. Par ailleurs, la patinoire Saint-Didier, située rue Mesnil, avait des dimensions assez réduites et posait de surcroît des problèmes de disponibilité.

Quant à la patinoire dans laquelle allait se dérouler le futur tournoi mondial de hockey, celle de l’ancien vélodrome d’hiver, son utilisation restait très ponctuelle puisque le Palais des Sports (son nom officiel), situé rue Nélaton, ne mettait sa piste en glace que quelques jours seulement avant le début de la compétition. C’est après avoir fait ce constat de carence que tous les dirigeants du hockey sur glace français de l’époque cherchèrent une solution afin de préparer dans de bonnes conditions le tournoi mondial parisien. La solution qui germa fut pour le moins inattendue…

Transformer le court central de Roland-Garros

En effet, après la publication de ce premier article qui faisait un inventaire des patinoires parisiennes, et alors que le coup d’envoi du Championnat du Monde approchait, le journaliste André Bozon évoqua à nouveau la préparation des hockeyeurs tricolores en annonçant le 7 décembre 1950, toujours dans le journal L’Equipe, « qu’un projet sportif audacieux allait se réaliser dans l’ouest de la capitale. » Les lecteurs du quotidien furent surpris d’apprendre qu’il s’agissait, ni plus ni moins, que de transformer le court central de Roland-Garros en patinoire !

L’annonce que le célèbre temple du tennis français accueillerait ainsi tard le soir les « rudes hockeyeurs », pour reprendre l’expression employée, provoqua l’étonnement général. Mais le journaliste souligna le côté positif de cette opération singulière en expliquant que grâce à cette solution provisoire « le hockey sur glace parisien, menacé de disparaître, serait ainsi sauvé du déclin par la Fédération de tennis. »

Pour comprendre la raison du lancement de ce projet surprenant, il faut savoir que le directeur de la patinoire Saint-Didier, Jean Renault (piste sur laquelle se disputaient pendant l’hiver presque tous les matches de hockey de la région parisienne), exigea un prix de location beaucoup trop exorbitant dès lors qu’il faudrait multiplier le nombre des rencontres préparatoires au détriment des séances publiques lucratives et des heures réservées au patinage artistique. Du coup, les dirigeants des deux clubs de hockey locataires de Saint-Didier, à savoir le Club Olympique de Boulogne (C.O.B.) et le Racing Club de France, prirent ensemble l’initiative de contacter directement la Fédération Française de Tennis, accompagnés par Louis Bourdereau, le président de la ligue de Paris de hockey sur glace, afin de pouvoir bénéficier de ce lieu prestigieux jusqu’au mois de mars 1951.

Le président de la FFT de l’époque, Pierre Gillou, ne fut pas étonné outre mesure de cette demande quelque peu iconoclaste car il ne s’agissait pas en fait de la première expérience de transformation du central de Roland-Garros en patinoire. En effet, avant la seconde guerre mondiale, l’équipe de France de hockey sur glace avait déjà disputé un match officiel contre la Belgique dans ce même lieu mythique, mais en 1938 la piste était alors naturelle simplement aménagée au cours d’un hiver particulièrement froid après un arrosage intensif du grand court de tennis.

Un mois pour créer cette nouvelle piste de glace

Une fois l’accord obtenu, c’est Marcel Daury, spécialisé à l’époque dans l’installation de patinoires artificielles (il avait construit celle de Chamonix), qui fut désigné comme responsable de ce nouvel aménagement aux portes de la capitale. Ce dernier voulut rassurer tout le monde en expliquant dans la presse que « le court de tennis ne sera aucunement abîmé par la présence des tuyaux réfrigérants car six trous seulement seront percés face à la tribune d’honneur. »

Concrètement cette patinoire artificielle provisoire nécessitait l’utilisation de dix-huit kilomètres de tuyauterie, quatre bacs à saumure, quatre machines réfrigérantes et un groupe électrogène. Un total de 30 m3 de saumure à circulation ultra-rapide permettait la formation d’une couche de glace de sept centimètres d’épaisseur. Ajoutons que vingt projecteurs de 350 watts furent installés autour du court de tennis ainsi qu’une bâche en toile coulissante au-dessus de la piste qui pouvait être déployée ou retirée en dix minutes seulement en cas de pluie.

Il aura fallu finalement un mois pour créer cette nouvelle piste de glace artificielle à la porte d’Auteuil en lisière du bois de Boulogne. « Le stade Roland-Garros sera ainsi entretenu l’hiver et les gosses qui passeront devant les courts auront peut-être l’idée de jouer ensuite au tennis », ajoutèrent les dirigeants de la FFT qui voyaient là une occasion de promouvoir indirectement leur discipline favorite. Il était prévu que les hockeyeurs disputent leurs matches sur le court central uniquement tard le soir, les mercredis et samedis, les entraînements ayant lieu en fin d’après-midi, tandis que les séances publiques payantes étaient programmées aux autres heures de la journée.

Auteur : Tristan Alric

Affiche du Mondial 1951, cliquez pour accéder aux archives de l'INA


Composition de l’équipe de France lors du Championnat du Monde de 1951 à Paris

Gardiens : Edmond Cochet (n°2, Racing), Rolland Wuillaume (n°1, Racing). 

Défenseurs : Hubert Nivet (n°3, Racing), Jean Lacorne (n°5, Racing), Roger Eté (n°4, Racing), Calixte Pianfetti (n°7, Chamonix), Bernard Holzer (n°6, COB). 

Attaquants : Jean Pépin (n°9, Racing), René Giacometti (n°8, Racing), Raymond Acquaviva (n°10, Racing), Claude Risler (n°12, CSGP), André Longuet (n°11, CSGP), Georges Baudin (n°13, COB), Jacques Heylliard (n° 14, PUC), René Cailler (n°16, Chamonix), Jean Payot (n°17, Chamonix), et le capitaine Paul Revoyaz (n°15, Chamonix)

* Un ancien tricolore est toujours vivant à ce jour : René Cailler de Chamonix. A noter que Jean Pépin et René Cailler étaient demi-frères ayant la même mère.

 

 
Modifié le mercredi, 05 avril 2017 16:22
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